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Photo Christiane ROBIN

Zéline Zonzon... quel drôle de nom ?

Prédestinée pour devenir une artiste, cette petite soeur de Joséphique Baker a soigneusement tracé son sillon dans les pas d’ Odile Duboc de Carolyn Carlson ou de Karyn Waehner. Trois femmes qui comme elle, ont ancré leurs créations autour de la pédagogie et de l’enseignement.

C’est à 16 ans que Zéline découvre la danse classique... cheveux courts et jeune adolescente noire, on lui offre d’abord des rôles de garçon.
Puis le hasard va la conduire dans un stage de danse. Une rencontre, une révélation comme un coup d’amour et de passion que seuls les artistes semblent connaître. 

À Aix-en-Provence Odile Duboc découvre ce petit bout de femme énergique et sautillante mais déjà précise dans son geste, raffinée, discrète et porteuse d’une lumière intérieure. À 25 ans, elle rejoint la compagnie «Contre jour» que dirige Odile. Elle devient danseuse professionnelle, connaît les feux de la rampe et le statut d’intermittent du spectacle.
Elle sera interprète dans la compagnie «Contre jour» pendant 5 ans. Lorsqu’Odile Duboc quitte Aix-en-Provence pour Paris, Zéline ne peut suivre son maître, son chorégraphe et son amie. 

Quinze créations et plus de vingt ans d’enseignement pourraient couronner une carrière magnifique. Et même si elle nous confie qu’après trente ans de scène, elle n’a plus envie d’être l’interprète de ses chorégraphies, on se prendrait à rêver que ses mots ne sont qu’un tremplin pour rebondir sous les lumières d’une nouvelle scène. On ne vous dira pas son âge car avec son corps intact de danseuse, son air malin et son geste toujours félin, vous ne nous croiriez pas !!!

Chorégraphe mais aussi pédagogue installée à Nîmes, elle jubile lorsqu’elle évoque ses danseurs en herbe qui devenus des hommes et des femmes n’oublieront jamais cette expérience : Zéline est un cadeau de la vie. Danser, ouvrir ses bras pour l’autre, le porter, l’aider, lui tracer un chemin... un bon début pour entrer dans la vie.

Ses trois oeuvres préférées :
  • «La danse des éventails» d’Andy de Groat (création à New York en 1978), 
  • «Les 3 boléros» d’Odile Duboc (création à Belfort en 1993) 
  • et le magistral «May B.» de Maguy Marin (création à Créteil en 1981)

Les deux premières pièces sont un hymne au souffle et à l’évanescence et la troisième avec le martèlement du sol et l’énergie qui naît de la terre et emporte tout sur son passage, comme un ouragan.
Ainsi on comprend l’oeuvre chorégraphique de Zéline... Pieds au sol et main en éventail

Didier MICHEL, créateur du Festival Uzès Danse